PORSCHE 908-03

visibility403 Vues person Publié par: Pierre CORDIER list Dans: Les Porsche mythiques

PORSCHE 908/03 Targa Florio

La Porsche de poche !

Nous sommes en 1968...

A l'époque, les grands constructeurs se livraient une guerre sans merci dans le cadre du championnat du monde des voitures de sport (WSC). En 1968, les Porsche 908 étaient équipées d'un flat 8 de 2921 cm3 mais qui s'avérait trop juste sur les circuits rapides pour contrer les Ford GT40, bien plus puissante. En revanche, sur les circuits sinueux tel que le Nurburgring, les 908, plus agiles, avaient l'avantage. Mais le Graal qu'est les 24h du mans échappaient toujours à Porsche.
La marque de Stuttgart décida alors de rompre avec l'idée de construire une seule voiture pour toute les courses. En 1969, la 917 conçue pour gagner les 24h du mans apparu en cours de saison pour épauler les 908-02. Mais en parallèle, ces dernières seront encore développées à l’extrême pour être spécialisées dans les circuits sinueux. Ainsi, les 917 et les 908 se partagerons respectivement les circuits rapides et les circuits lents.
En aparté, avec-vous lu nos articles sur les 917 ? Vous pourrez les lire ici et ici.

La Porsche 908-03

C'est en 1970 que les 917 et les 908 arriveront à maturation. La 908-03, 3eme évolution de la 908, est équipée d'un flat 8 de 2997 cm3 de 350 ch, monté sur un châssis en aluminium. Il en résulte une voiture ultra légère et agile, de 545 kg ! La vitesse de pointe était de 275 km/h, bien loin de la 917 qui dépassait les 330 km/h. Mais qu'importe, sur les circuits sinueux, elle se révélera imbattable avec une victoire sur le Nurburgring, et sur la Targa Florio.

La Targa Florio

Cette course a été créée en 1906 (!!) par un mécène Sicilien passionné d'automobile, Vincenzo Florio. La 1ere édition se déroula en 3 tours de 150 km chacun à travers les étroites routes de montagne de Sicile. En 1970, elle était devenue la plus ancienne course de voiture au monde encore en activité. Elle ne se déroula non plus sur le grand circuit, mais sur la version « piccolo », le plus court mais comportant pas moins de 800 virages, et traversant plusieurs villes, pour un total de plus de 74 km ! Les pilotes devaient passer plusieurs semaines de reconnaissance pour mieux appréhender cette piste.

L'événement se déroulait sur les routes usuelles de « monsieur tout le monde » sans infrastructures particulières, ce qui rendait la course très dangereuse. Une sortie de piste pouvaient directement se traduire par une dégringolade le long de la montagne, par un crash contre un arbre ou un bâtiment, ou encore par un fauchage des spectateurs. Mais heureusement, peu de personnes sont mortes à travers l'histoire, comparé à d'autres grande course comme les Mille Miglia ou la Carrera Panamericana.

Autre particularité de cette course : c'était une course contre la montre, un peu à l'image de ce qu'il se pratique en rallye. Chaque participant partait quelques dizaines de secondes après le précédent, et la plupart du temps un pilote ne pouvait connaître sa position que toute les 30 minutes (voir plus). Et avec les moyens de l'époque, cela pouvait être très aléatoire ! Un pilote pouvait être devant son concurrent sur la piste, mais derrière au classement du chrono général.

La course

Revenons sur nos Porsche : pour l'édition 1970, quatre 908-03 furent alignées, dont trois furent données à l'équipe client de John Wyer, et une seule fut réservée à l'équipe d'usine.
La 908-03 cliente pilotée par Jo Siffert et Brian Redman décrocha la pole position devant la 908-03 d'usine.
La course ne commença pas de la meilleure des manière, avec de la pluie contraignant les organisateurs a repousser le départ de la course. Elle finit par s’arrêter et le départ fut donné avec 1h15 de retard, sur des conditions très glissantes.
Vic Elford, sur la 908-03 d'usine, se fit d'ailleurs surprendre dès le 1er tour : en esquivant (avec succès il faut l'avouer) un rocher sur la route, il heurta un trottoir ce qui endommagea sa voiture. Il perdit le contrôle dès le virage suivant et accidenta sa Porsche. Il du rester avec son épave toute la journée, attendant que la course se termine pour être rapatrié.
A la fin du 1er tour, le leader était Larousse – bien aidé par son expérience en rallye – sur la Porsche 908-02, suivit des deux 908-03 de Siffert et Kinnunen, puis par une autre 908-02 piloté par Van Lennep, Courage sur une Alfa Roméo T33/3, Hezemans également sur une T33/3 et Vaccarella sur une Ferrari 512 TS.

Les conditions s'améliorèrent de plus en plus, la boue omniprésente finissant de sécher sous les rayons du soleil. Au début du tour 2, Siffert fut averti que la 908-03 d'usine était hors course. Considérant qu'elle était sa seul vraie opposition, Siffert se détendu pour « assurer » le résultat. Les concurrents ne relâchèrent pas leur effort, et à la fin du tour 2 Siffert se retrouva 5ème au chrono, bien qu'étant encore 1er sur la piste. Les tours suivants furent animés par les ravitaillement successifs, occasionnant des changements de position.
A la fin du 4eme tour, l'ordre était Kinnunen, Siffert, Vaccarella, Van Lennep, Courage, Larousse.
Mais sur la piste, la 908-03 de Siffert/Redman était derrière la Ferrari de Vaccarella. Bien que plus rapide dans les virages, Redman ne parvint pas à doubler Vaccarella, bien plus véloce en ligne droite et défendant ardemment sa position. Il faut noter que Vaccarella etait un local de la région, il connaissait les routes par cœur.
Au milieu du 6eme tour, Redman s’arrêta aux stand et sera imité à la fin du 6eme tour par Vaccarella qui laissera le volant a son coéquipier Giunti. Entre temps, Redman attaqua pour essayer de doubler la Ferrari lors de son arrêt, mais n'y parvint pas. En revanche, au niveau du chrono général, il passa devant la 908-03 de Rodriguez/Kinnunen.
Les 2 tours suivants furent le théâtre d'une lutte intense sur la piste entre Redman et Giunti. Quand à Rodriguez, il était hors du coup et glissa à la 4eme place du général. Sa méforme poussa l'équipe à anticiper le changement de pilote, pour redonner la voiture à Kinnunen afin qu'il rattrape le temps perdu.
A la fin du 8eme tour, Redmand et Giunti s’arrêtèrent en même temps au stand. Seulement 13,6 secondes les séparaient au chrono général, autant dire rien du tout sur une course de cette longueur ! Les 2 équipes effectuèrent leur changement de pilote, mais Porsche fut plus rapide que Ferrari et Siffert ressorti devant Vaccarella. Cet arrêt fut décisif, Siffert eu enfin la piste dégagée pour creuser l’écart sur la Ferrari. De plus, la 908-03 n'avait plus besoin de ravitailler, a contrario de son adversaire, plus gourmand en essence.
Un peu plus loin, Kinnunen était littéralement en train de voler, et réalisa meilleur tour sur meilleur , et claqua un 33 minutes et 36 secondes lors du dernier tour, ce qui lui permit de repasser devant la Ferrari.
Porsche réalisa donc un superbe doublé, avec la victoire revenant à Siffert/Redman, suivit de Kinnunen/Rodriguez, puis de Vaccarella/Giunti.
Au total, 400 000 spectateurs assistèrent à cet événement.

Bilan

Cette année là, Porsche remporta le championnat WSC assez largement, en remportant 9 courses sur 10, dont les 24h du mans avec la 917.
Au delà du WSC, cette nouvelle victoire sur la Targa Florio a contribué un peu plus à écrire l'histoire de la marque. Au total, Porsche remporta 11 fois cette course devenue légendaire (qui s'est arrêtée en 1973), et nommera ses futurs modèles avec hard-top « Targa ».

Nous avons bien sûr à la vente un superbe polo de la marque Driver's Club company, qui rend hommage à Porsche 908-03 victorieuse sur la targa Florio.
Vous pourrez le retrouver ici : https://www.vintage76.fr/polos-/79-162-polo-porsche-908-03-course-targa-florio.html#/1-taille-s

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